Archives mensuelles : mai 2007

A Salta aussi, il peut neiger

Alors qu’en Suisse, vous avez un retour du froid, ici il commence. Ce matin, le haut des collines était saupoudré de neige… Il a fallu ressortir bonnet et gants boliviens!

L’éducation des polices

J’ai lu une petite statistique dans un journal argentin hier. Au sein de la police de la Province de Buenos Aires, 3% des effectifs ont une licence universitaire. Et 38% n’ont pas de diplôme secondaire…

25 de Mayo

Demain, c’est l’une des fêtes nationales argentines. On croirait presque que Tangofolie y a pensé dans le choix des dates du festival.

L’une des fêtes, car oui, ils en ont plusieurs. L’(un des )autre(s), c’est le 9 juillet. Paradoxalement, dans les 2 cas, le climat est meilleur à ces dates dans l’hémisphère nord qu’ici.

Je ne sais pas encore ce que je vais en faire ici. On décide au jour le jour.

En Suisse en tout cas, je participais à la fête organisée par l’Association Suisse-Argentine de Lausanne crear.ar, qui a lieu au stade de football de Poliez-Pittet.

Si vous avez des affinités avec l’Argentine, via le tango ou non, n’hésitez pas à vous inscrire et y passer votre dimanche. J’ai toujours regretté qu’il n’y ait pas davantage de liens à Lausanne entre Argentins et le monde du tango argentin.

C’est spectaculaire, il y a des centaines de personnes dans une ambiance bon-enfant, un “asado” (des grillades) avec des pièces de viande spectaculaires, de délicieuses empanadas… Il faut que je m’arrête, la salive commence à dégouliner sur mon clavier.

Cette année la fête n’a pas lieu fin mai, mais le 24 juin. Environ à mi-chemin entre les 2 fêtes nationales! J’ai peine à trouver une adresse de contact sur le site de l’association, mais le classique info@… devrait fonctionner. Sinon, faites-le moi savoir dans mes commentaires.

Bulletin Météo

Il y a une semaine, il faisait doux pour la saison, j’étais à minuit sur la place en train de boire une bière (à 7 pesos la bouteille d’un litre, soit 3 francs, faut faire attention à la panse…), en “remera” (pourquoi ne pas utiliser un hispanisme, au lieu de l’éternel T-shirt). Il devait faire dans les 19 degrés.

Une semaine et un courant antarctique plus tard, il fait 6 degrés et ça caille. Vu que j’en redemande, voilà qu’après demain, je pars pour l’Altiplano Bolivien pour une petite virée touristique. Un peu masochiste, je vous dis. 

Peu de temps libre

Paradoxalement, ici, le rythme de vie est lent, mais il y a peu de temps libre.

Les cours de tango sont quasiment fermés aux étudiants qui… étudient les soirs de semaine. Quant à ceux qui viennent aux cours, ils ont d’autres choses à faire les soirs de fin de semaine quand il y a la milonga, comme voir les amis qui ne s’intéressent pas au tango: bref, sortir à la Balcarce, la rue où se concentre la vie nocturne.

Une fois que les étudiants ont fini d’étudier, souvent ils sont fiancés et donc, s’ils peuvent subvenir à leurs besoins (et parfois sinon aussi, si les choses s’accélèrent…) … Ils se marient et font plusieurs enfants.

Donc, au revoir le tango, et si l’envie y était. Une fois que les enfants seront plus grands, peut-être.

Et vous l’aurez remarqué, la catégorie “jeune professionnel indépendent” est quasi (et je suis gentil) inexistante.

Pas de chance.

Zone sinistrée…

Ne vous inquiétez pas, je ne parle pas de tremblement de terre ici.

Le tango ici, c’est plus petit qu’à Lausanne. Bien plus petit. Il y a bien quelques cours qui sont donnés, mais leur enseignement va de mauvais à moyen. Les classes sont encore assez bien remplies, même très bien remplies, mais alors personne ne va aux milongas.

Ou alors, y va un cercle restreint, bien restreint. Il y a une seule milonga, avec exclusivement tangos, tango-vals et milongas, à “El Ático”, au 2ème étage des Galeries “El Palacio.”

C’est le vendredi et le dimanche soir, et au moins, depuis les fenêtres, il y a la plus belle vue que je connaisse depuis une piste de danse: sur la Plaza 9 de Julio, la place centrale de Salta, avec ses palmiers, sa catédrale illuminée, et tout le reste. Magnifique.

Pour moi, la vue devance celle du Pipa Club à Barcelone, qui donne sur la Plaza Real.

Sinon, on peut danser du tango à diverses “Peñas”, fêtes folkloriques où il va y avoir une heure de tango, puis du fox-trot, de la chacarera, etc. “La Abuela”, ou “Manolo”, sont des exemples.

Du côté de la salsa, c’est tout aussi sinistré. Ils passent de la musique relativement régulièrement, on y donne des cours dans des centres de fitness, mais personne ne danse.

Pour certains, elle n’est pas assez “virile”, pour d’autres, pas assez argentine peut-être. Je me recycle en dansant du Cuartet de temps en temps, une sorte de merengue argentin léger et relativement accéléré.

La Province de tous les vices

Après avoir savouré les lieux publics (quasi) exclusivement non-fumeurs à Buenos Aires, me voici revenu à la dure réalité ici à Salta: ça fume de partout, tout le temps, sans cloisonnement. Bref, c’est un peu pénible…

Et vu qu’¡ci on produit beaucoup de tabac, on m’a dit qu’il fallait pas trop espérer pour tout de suite un changement dans la loi.

Ici, on trouve aussi du pétrole… Donc le discours “énergies propres n’a pas le même impact qu’ailleurs…

Dejà 2 semaines à Salta. Euh, 4.

Le temps passe, et j’écris peu… Et du coup, ce que j’ai à dire s’accumule, s’accumule.

Voici le vrai changement de mentalité, ici à Salta. Les choses se passent à un autre rythme, je réapprends la patience, d’une autre manière.

Ici, on fait la sieste du lundi au vendredi, après le repas de midi, qui est plutôt à 14 heures. Le repas du soir est souvent aux alentours de 23 heures ou minuit, vu qu’il y a souvent dans la famille des étudiants.

Les études peuvent se faire soit le matin, soit l’après-midi, mais plus généralement le soir, vu que beaucoup de jeunes gens cumulent travail et université.

Des billets pas trop longs, me dit une petite voix… D’accord!

¿¡ Qui veut un renversé !?

On m’a communiqué une certaine jalousie face à mes points d’interrogation et d’exclamation retournés, qui se mettent en début d’expression en espagnol.

Avec un clavier d’ici, c’est facile, tout comme le “Ç” majuscule que je ne trouve jamais sur le clavier francophone.

Quand j’utilise mon propre clavier suisse, ça me demande une certaine gymnastique  des doigts (je cherchais l’adjectif dérivé de “doigt”, des idées?). Il vous faut appuyer simultanément sur “Contrôle”, ”Alt”, “Majuscule” et la touche du point d’interrogation ou d’exclamation…

Bonne chance!

Tourisme à Salta, jusqu’où?

Ces 10 dernières années, Salta s’est beaucoup développée, et en bien. Surtout depuis la crise de 2001 et la dévaluation du peso, le nombre de visiteurs étrangers a explosé.

Par chance, jusqu’à présent cela ne s’est pas fait au détriment de l’accueil. Les Salteños restent spontanés et ouverts face aux étrangers, malgré leur nombre, malgré le fossé entre les pouvoirs d’achat respectifs.

Le problème à Salta, c’est qu’en dehors de la ville, le nombre d’excursions, quoique important, reste limité. Vous excuserez mon oxymoron…

Au contraire de la Suisse, ou le nombre d’alternatives, de sentiers, de villages de montagne est quasi infini, et sur un territoire réduit, ici les distances sont énormes, et les attractions à ne pas manquer sont les suivantes:

  • Circuit des Vallées Calchaquies (Quebradas de las Conchas et de las Flechas) en passant par Cafayate et Cachí (avec détour via les ruines de Quilmes voire Tafi del Valle)
  • Circuit passant par San Antonio de los Cobres (Quebrada del Toro) et les Salinas Grandes
  • La Quebrada de Humahuaca, en passant par Purmamarca (Montagne aux 7 Couleurs) et Tilcara (Palette du Peintre)

La Quebrada, en très résumé, c’est une gorge, ou une vallée selon les endroits.

Le nombre de touristes augmente, augmente, et plus il y a de touriste, plus il y a de prospérité, peuvent penser certains.

Le problème, c’est de savoir combien de visiteurs un petit village comme San Antonio de los Cobres ou Purmamarca peut avaler sans se dénaturer. Peut-être que c’est déjà fait, en partie.

J’ai probablement parlé dans mon récit de 2003 de ma (trop courte) visite à Iruya. Probablement, car ce village est un de ces lieux que l’on préfère garder secret, de peur que le monde entier s’y précipite, abîmant le tissu social.

Cette vallée est une enclave virtuelle de la Province de Salta, atteignable seulement par une route non goudronnée depuis Humahuaca, en 4 heures de bus si je me souviens bien. Le village d’Iruya est atteint au bout de la route, après avoir passé un col à 4000 mètres.

Ensuite, il n’y a que des sentiers pour parcourir la vallée, à pied ou à cheval. Une amie y a passé il y a peu. Elle n’a pas eu de chance, le village était sans dessus dessous, toute une équipe était là-bas pour filmer une pub pour… Guinness.

Bref, je la sens mal, j’espère que les hordes de touristes n’ont pas débarqué et ne débarqueront pas, que la route reste en aussi mauvais état que possible, et qu’aucun hébergement supplémentaire n’ouvre… Alors, si vous pouvez, allez-y, mais ssshhhht!

Un peu plus en amont, depuis La Quiaca, juste avant la frontière bolivienne, on peut accéder à un autre petit village dont personne ne parle, dont je ne sais rien, sauf le nom…

Sortir des sentiers battus, voilà qui n’est pas forcément facile ici, et jusque dans quelle mesure est-ce souhaitable?