Une affaire qui empoisonne depuis maintenant pas mal de mois les relations entre l’Argentine et l’Uruguay, c’est celle de la « papelera, » l’usine de cellulose pour blanchir le papier que l’entreprise finlandaise Botnia construit au bord du fleuve Uruguay, du côté de la République d’Uruguay.
Les Argentins n’en veulent pas, particulièrement les citadins de Gualeguaychú, ville touristique réputée pour son carnaval. Ils craignent pour la pollution de la rivìère, bien qu’ils soient situés en amont de l’usine.
Cette affaire a été récupérée par les politiques et les environnementalistes, car la méthode utilisée, à base de chlore, va être ou vient d’être déclarée non conforme dans l’Union Européenne. Depuis des mois, les ponts reliant les 2 pays sont coupés, et la petite ville uruguayenne de Fray Bentos, de l’autre côté du pont, suffoque.
Quand les piqueteros coupent des routes, ils les coupent. Il y a quelques jours, une ambulance s’est retrouvée coincée avec un organe à transplanter entre Resistencia et Corrientes. On ne sait pas ce qui se serait passé, mais ce qui est sûr, c’est que le patient receveur est mort.
Pour en revenir à l’histoire qui nous occupe, d’après ce que j’ai lu, les Finlandais s’étaient engagés à rendre une autre usine moins polluante par la même occasion, pour minimiser l’impact écologique total.
De plus, les Argentins ont sur leur territoire des dizaines d’usines tout aussi polluantes, si ce n’est plus, et rien ne bouge. Le Riachuelo, qui borde Buenos Aires au sud, est tellement pollué qu’il n’y a plus de mots. Et rien ne se fait depuis des années, malgré les bonnes paroles. Et l’histoire avec l’Uruguay est devenue une cause nationale, montée en épingle.
Au point que certains Argentins se disent qu’ils devraient peut-être aller à Mar del Plata cet été et non à Punta del Este comme d’habitude, de peur d’être bien mal accueillis.
Les Argentins donnant la leçon aux Uruguayens – réputés comme les Suisses de l’Amérique Latine – ainsi qu’aux Finlandais, cela fait sourire en voyant les rues de Buenos Aires jonchées de déchets, et les autres comportements anti-environnementaux que j’ai pu observer ici.
Entrée de octobre 2007
Coupeurs de ponts à Gualeguaychú
18 octobre 2007 · Laisser un commentaire
Catégories : argentine
Concours de colleurs d’affiches
18 octobre 2007 · Laisser un commentaire
Je suis un peu perdu entre mes deux blogs… Au début, celui-ci devait être plutôt orienté vie argentine et tango, et je me suis retrouvé à écrire des billets de vie argentine sur l’autre. Enfin, voici un bon exercice contre le perfectionisme.
Donc. Dans un peu plus d’une semaine, c’est l’élection présidentielle ici. Il n’y a aucun suspense, Cristina, l’épouse de l’actuel président Kirchner, va gagner. Aux dernières nouvelles, il n’y aurait même pas de suspense quant au déroulement d’un second tour. Elle gagnera au premier.
Je me pose toujours des questions sur les démocraties où il y a davantage que 2 candidats à la présidentielle, et où le vainqueur est quand même connu dès le premier tour. Cela signifie que la vie politique n’est pas du tout équilibrée, comme ici. Est-elle véritablement démocratique?
Je souris jaune en rentrant la nuit et voyant les colleurs d’affiches recouvrir pour la troisième fois l’affiche originale d’un candidat, superposant celle d’un autre. C’est bizarre de penser que les partis politiques paient des gens pour coller leur affiche par dessus celle de leur concurrent. C’est d’autant plus particulier que cette élection ne prévoit aucun suspense.
Donc après 4 ans de Nestor, du protectionnisme à tout vent, de l’inflation qui officiellement n’existe pas (c’est du dynamisme économique!), un conflit douteux avec l’Uruguay au sujet d’une usine de cellulose, des valises remplies de dollars rencontrées dans les toilettes des ministères, et plein d’autres affaires tout aussi particulières, ce sera parti pour 4 ans de Cristina. Et ensuite?
Catégories : argentine
Pour une Loi anti-fumée en Suisse
7 octobre 2007 · 4 commentaires
En Suisse, ces jours, je lis qu’on parle beaucoup d’une future législation anti-fumée nationale.
Ce serait une bonne chose, d’emboîter enfin le pas à des pays comme l’Irlande ou l’Italie, mais aussi récemment le Chili, ou la ville de Buenos Aires. Bref, la Suisse est à la traîne.
J’avais déjà parlé du thème peu après mon arrivée dans la capitale argentine. Ensuite, mes poumons avaient subi un sérieux retour en arrière à Salta, et j’avais pu me rendre compte qu’au Chili aussi, les loi anti-fumée passive étaient passées par là.
Je n’ai rien contre les fumeurs, s’ils restent une frange minoritaire du public. Si j’invite 10 personnes et 2 fument, chaque fumeur va avoir beaucoup de respect pour tous les autres qui ne fument pas, et va naturellement fumer beaucoup moins que si 7 fument autour de la table. Allumer une cigarette est une action contagieuse. S’ils forment une frange importante du public en place, le respect se dilue, et la fumée se propage. C’est ce qui se passe dans certains lieux publics comme les bars, où j’ai la nette impression que la proportion de fumeurs est plus grande que dans la vie de tous les jours. Je suis sûr que de nombreux non-fumeurs ne sortent en effet pas, car ils ne veulent pas être incommodés par la fumée.
J’ai eu l’occasion de discuter avec de nombreux fumeurs ici. L’immense majorité est en faveur de la loi. On m’a dit que les fumeurs non plus, n’aimaient pas être dans une atmosphère enfumée, et pour beaucoup d’entre eux, c’était l’occasion d’arrêter, ou alors de fumer beaucoup moins. Certains fumaient un paquet les soirs de sortie, et maintenant se limitent à cinq cigarettes fumées à l’extérieur, et en sont contents. La cigarette « réflexe » est remplacée par la cigarette « volontaire » et est appréciée en tant que telle.
J’ai l’impression qu’il n’y a qu’une minorité de fumeurs qui ne souhaite aucune restriction, tout du moins dans les pays où une legislation est déjà en place. Maintenant, à savoir si la position de la majorité d’entre eux a évolué suite au fait accompli… Finalement, est-ce que cela a de l’importance?
Ensuite, il y a une minorité de non-fumeurs souhaitant protéger le sacro-saint droit à la liberté individuelle. J’ai de la peine avec cet argumentation. Peut-être ont-ils oublié ce qu’est un bar sans fumée, par exemple? Qu’ils viennent faire un tour en Italie ou en Irlande, ou pour les amateurs de destinations australes, au Chili ou ici.
Et surtout, qu’ils n’oublient pas que, comme je le mentionne ci-dessus, une frange importante des fumeurs est contente de pouvoir baisser la « goudronisation » de ses poumons grâce à une telle loi. Et qu’une vaste majorité des non-fumeurs souhaite pouvoir sortir dans des lieux publics libres de fumée.
Donc, si comme je le suppose seulement une minorité des non-fumeurs et une minorité des fumeurs sont contre la mise en place d’une telle législation, qu’on réponde aux souhaits de la majorité, qu’on arrête les tergiversations et qu’on bouge enfin au niveau national, tout en respectant bien sûr des exceptions limitées dans certains cas de figure comme c’est le cas dans la majorité des pays où des lois similaires sont en place.
Catégories : général
Tagué : loi anti-fumée fumée passive suisse