On connaissait les exploits de nos amis du bout du lac en matière de loi anti-fumée, ou comment réussir à mettre à la poubelle une volonté populaire frôlant les 80% (j’ai dit huitante, notez) exprimée en votation populaire. (En attendant, de l’aide ici, et là, et enfin une carte pour localiser les endroits où les poumons peuvent sourire là-bas.)
Eh bien, du côté lausannois, on a fait presque aussi bien. J’ai dit presque, car la barre a été fixée très très haut, il faut bien l’admettre… Je ne sais pas si le record pourra être battu, car il n’existe pas de dopage dans le domaine de la bêtise ou de l’incompétence, à ce que je sache.
Donc, j’apprends aujourd’hui la votation concernant l’impôt sur les divertissements à Lausanne a du plomb dans l’aile. Comment ça, vu que la récolte de signatures fonctionnait tellement bien qu’elle a pu être interrompue bien avant les délais?
Incroyable mais vrai, mais il manque 8 signatures. Sur un sujet extrêmement porteur, et donc des signatures faciles à rassembler, le comité d’initiative de droite a pêché par un splendide excès de confiance. Il semblerait que les paraphes n’aient pas été déposés de telle manière à pouvoir se prémunir d’une mauvaise surprise de ce genre, et lancer un dernier effort avant le délai imparti, en cas de mauvaise surprise.
Un record de 35% de signatures invalides a été récolté. Ce n’est guère surprenant, car je suis convaincu que beaucoup ont pu penser que la problématique était celle du canton, et signer alors qu’ils n’habitent pas sur le territoire de la commune de Lausanne.
C’est assez symptomatique du fait que la plupart des gens pensent que la culture proposée par le chef-lieu leur appartient, même s’ils n’habitent pas Lausanne. Or il est clair qu’une grande part doit être subventionnée pour maintenir des prix accessibles, et qui sort l’argent? La Ville de Lausanne. Et donc les Lausannois, à travers leurs impôts. Et qui en bénéficie? Quiconque se rend à Lausanne pour bénéficier d’une activité culturelle. Pourquoi pas un carte pour les résidents lausannois, leur offrant un rabais?
Lausanne est d’après ce que je sais la seule grande ville où subsiste l’impôt de 14% sur le divertissement. Le débat méritait d’être posé sur la nécessité de cette taxe, ses avantages (parfois méconnus?) et ses inconvénients. Il aurait été curieux de savoir ce qu’en pensaient les Lausannois.
Visiblement, le débat est repoussé… Tant mieux pour les finances communales, tant mieux pour ceux qui reçoivent les subsides. Tant pis pour la concurrence pour organiser de gros événements, par rapport aux autres villes. D’ailleurs, comment ces dernières font-elles pour financer la culture si elles n’ont pas cette taxe à disposition. Et si toute la population environnante vient également “resquiller” leur offre culturelle?
Elles arrivent pourtant à proposer une offre culturelle de qualité, on dirait?
Pour sûr, on n’aurait pas fait l’économie d’un bon débat. Encore quelques uns comme ceux qui viennent d’être mentionnés et on pourra lancer un hit-parade des plus beaux autogoals politiques.
Car c’est bien ce qu’on peut appeler un autogoal, ça?